Barack... le visage de l'Amérique que l'on espère...

Il possède le charisme de John Kennedy et la foi en un monde meilleur de Martin Luther King. Il a le don fabuleux de nous faire croire qu'une Autre Amérique est possible. Et nous y croyons. Nous la voyons. Nous la touchons du doigt. Nous n'oserons même pas une comparaison avec George W. Bush qui a fait de l'Amérique ce que l'on sait. Le remplacer par une Hillary Clinton prisonnière de ses lobbies n'apporterait aucun changement. Seul Barack Obama en est capable. Il est près du Peuple et il sait ce dont il a besoin. Si Obama accédait à la présidence, le ciel serait plus bleu pour les Américains mais aussi, par extension, pour le monde entier. Il rendrait à l'Amérique son Honneur que Bush a pris plaisir à massacrer. Barack Obama est de ces hommes qui peuvent refaire l'Histoire et lui donner une autre dimension. Voilà la raison pour laquelle nous le soutenons.

Découvrez le parcours de Barack Obama...

 

 Stand up !

Posté par Adriana Evangelizt


Samedi 06 Juin 2009

Le chef de cabinet de Barack Obama, Rahm Emanuel, fils d'Israéliens, est chargé de la délicate mission de négocier au Moyen-Orient..


> Cet article a été publié sur le site de Newsweek le 23 mai 2009.

n pardonnera à ceux qui pensent que Benjamin Netanyahu et Rahm Emanuel viennent d'univers parallèles. Tous deux sont les fils d'Israéliens à la volonté ferme et aux opinions ancrées à droite. Tous deux ont cherché à prouver leur sincérité dans la défense d'Israël (Netanyahu en servant dans une unité commando d'élite de l'armée israélienne, Emanuel en se précipitant en Israël comme volontaire lors de la première guerre du golfe). Les deux hommes appartiennent à des fratries où l'ambiance est intense et compétitive —le grand frère de Netanyahu, Yoni, fut un héros national, le commandant tué à Entebbe, le petit frère d'Emanuel, Ari, est un célèbre agent d'Hollywood aujourd'hui immortel, à la façon américaine, pour avoir inspiré un personnage dans une série HBO (l'autre frère, dans chacun des cas est, bien entendu, médecin). Emanuel a grandi à Chicago, mais passait ses étés en Israël. Netanyahu a grandi en Israël, mais a passé son adolescence et ses années d'université aux Etats-Unis. Les deux hommes ont d'autres points communs également: tous deux peuvent sembler abrupts et arrogants. Tous deux sont des compétiteurs qui détestent perdre.

Ils pourraient presque être frères. Il est donc plus qu'un peu curieux qu'Emanuel et Netanyahu se retrouvent de chaque côté de la table des négociations. Emanuel, en temps que chef de cabinet d'Obama, ne peut négocier directement avec les Israéliens, les Iraniens ou qui que ce soit d'autre. Il émerge cependant comme un des personnages centraux du dispositif visant à faire pression sur Israël sur les questions clés telles que le programme nucléaire iranien et les négociations avec les Palestiniens —pour ensuite vendre ces politiques à la communauté juive des Etats-Unis. "Rahm a un rôle important, c'est indiscutable" confirme un officiel haut placé de l'administration qui n'est d'accord pour parler d'Emanuel qu'à la condition qu'il ne soit pas cité. "Il possède une connaissance approfondie des différentes questions, il a un passé sur ces questions, et il dispose de la confiance totale du président".

Les tensions les plus sérieuses pourraient survenir sur la question iranienne. Israël pense qu'interdire aux Iraniens d'accéder à l'arme nucléaire est une question existentielle, et les officiels israéliens craignent de voir Obama trop enclin au compromis. Que cette crainte soit justifiée ou non, l'administration Obama considère que la meilleure façon de rassembler au niveau international afin d'exercer une pression conjointe sur l'Iran, est d'entreprendre des efforts sérieux en vue de créer un état palestinien. Netanyahu déclare qu'il veut négocier avec les Palestiniens, mais refuse de consentir à l'idée d'un état palestinien.

Emanuel dispose d'une crédibilité particulière sur la question de la paix au Moyen-Orient. "C'est son côté Nixon en Chine", indique le représentant Jane Harman, membre des instances du House Democratic Caucus, où Emanuel exerçait une position dirigeante jusqu'à l'automne dernier. "Sur certains sujets, il est le seul à pouvoir être aussi direct". William Daroff, qui dirige le bureau de Washington de l'organisation United Jewish Communities et connaît Emanuel, l'appelle "l'arme secrète d'Obama". Ce n'est pas uniquement qu'Obama peut utiliser la réputation d'ami d'Israël d'Emanuel comme une sorte de bouclier, lui permettant de manier le "qui aime bien châtie bien" dans ses rapports avec l'état juif. Daroff a déclaré à Newsweek que Rahm possède une telle compréhension de la politique israélienne qu'il peut jouer le rôle auprès du président de détecteur de conneries au fur et à mesure de l'avancement des négociations. "Les Israéliens ne seront pas en mesure de faire passer quoi que ce soit, du fait de la présence de Rahm". Emanuel, qui parle hébreu, sera à même, tout comme le reste du camp américain, de savoir si le premier ministre israélien bluffe sur sa "ligne rouge" vis-à-vis de l'Iran, ou ce qu'il peut réellement faire pour arrêter les implantations en Cisjordanie (la porte-parole d'Emanuel, Sarah Feinberg, à qui nous avons demandé un commentaire, a indiqué à Newsweek que son but était de garantir que le président disposait de "toutes les options possibles dans le cadre de la recherche de la paix").

Le statut d'Emanuel de fils presque natif a donné à certains Israéliens et Juifs l'impression qu'il serait leur allié dans l'équipe Obama — le pro israélien à l'oreille accueillante. Après tout, il a des références sionistes en or: son père, Benjamin, a appartenu à l'Irgoun, la milice juive de droite qui existait avant l'indépendance d'Israël. Son oncle Emanuel a été tué par les Arabes lors d'une escarmouche au cours des années 30, la famille changeant son nom d'Auerbach en Emanuel pour l'honorer. Mais dans la communauté juive, d'aucuns ont été déçus. Il est jusqu'à son propre rabbin, Asher Lopatin, pour douter de son fidèle, trop souvent absent. "Il y a beaucoup de déception", déclare Lobatin, qui préside la congrégation Modern Orthodox Anshe Sholom B'nai Israël de Chicago. "D'une certaine façon, les attentes étaient exacerbées, Rahm étant si lié à Israël et à la communauté juive. Au lieu de ça, nous avons vu le Rahm Emanuel dur, pas le Rahm chaleureux".

Comme Bibi Netanyahu, dont le père, un féroce érudit a élevé ses fils dans l'idée d'un "grand Israël" comprenant non seulement la Cisjordanie mais également la Jordanie, Emanuel a du mal à affronter les attentes paternelles. Emanuel senior, médecin à Chicago, a plongé son fils dans l'embarras à l'automne dernier en déclarant à un journal israélien que, bien sûr, son garçon influencerait Obama dans le sens pro israélien. "Et pourquoi pas? Il est quoi, Arabe? Il ne va pas laver par terre à la Maison Blanche" furent ses mots. Rahm Emanuel a dû s'excuser par la suite auprès de la communauté arabe américaine (Benjamin Emanuel n'a pas répondu à nos demandes de commentaire).

Emanuel s'est souvent montré pragmatique. Des fuites en provenance de réunions entre Emanuel et des leaders juifs depuis janvier suggèrent que son rôle est de faire adopter aux Israéliens une position plus accommodante sur la question d'un Etat palestinien et des négociations avec l'Iran. Emanuel commence ses meetings avec les leaders juifs avec un avertissement: en cas de fuite, dit-il, selon plusieurs participants à ces réunions, ni lui, ni qui que ce soit à la Maison Blanche, ne parlera jamais plus de nouveau aux leaders.

À la conférence annuelle de l'American Israël Public Affairs Committee, au début du mois, Emanuel a mis plusieurs délégués un peu mal à l'aise en réclamant des progrès sur la question palestinienne. Comme Obama la semaine dernière, il a commencé en encensant la "relation spéciale" entre l'Amérique et Israël, et une "amitié riche, enracinée dans des valeurs partagées". Mais selon les notes d'Emanuel, que Newsweek s'est procuré, il a également déclaré "ceci est le moment de vérité pour l'état d'Israël et les perspectives de paix". À l’inverse de Netanyahu, qui cherche à réduire l'importance des négociations avec les Palestiniens pour se concentrer sur la question iranienne, Emanuel a déclaré qu'Obama "croit que notre capacité à faire face au défi majeur posé par l'Iran dépend en partie à notre capacité à avancer sur les questions arabes israéliennes et israélo-palestiniennes".

Emanuel a par le passé déjà adopté des positions modérées, voire joué les colombes. En novembre 2003, il fut l'un des deux membres juifs de l'assemblée à cosigner une résolution appelant à soutenir les accords de Genève, un plan de paix non-officiel appelant d'une solution à deux états, conclu entre Palestiniens et Israéliens modérés. Dix ans plus tôt, conseiller de Bill Clinton, Emanuel fut dans l'ombre le dynamique organisateur de la poignée de mains à la Maison Blanche entre Yasser Arafat et Yitzhak Rabin, qui selon les participants cimenta le processus de paix d'Oslo. "Rahm s'est occupé de la signature. C'est lui qui était aux commandes" déclare un ancien officiel de l'administration Clinton qui a requis l'anonymat pour aborder de discussions internes à la Maison Blanche.

Ce rôle d'intermédiaire, inhabituel pour Emanuel, pourrait se révéler dans les prochaines années particulièrement utile, alors qu'Obama tente d'aboutir à un accord avec l'Iran sur son programme nucléaire, un accord qui pourrait être très éloigné des attentes israéliennes. L'administration Obama commence déjà à employer vis-à-vis de l'Iran un langage plus modéré que n'était celui de l'administration Bush. L'équipe Bush insistait sur une cessation de tout enrichissement d'uranium, point à la ligne. Les officiels de l'administration Obama disent également vouloir éliminer la capacité d'enrichissement de l'Iran, mais poursuivent un but plus large: éviter une arme nucléaire iranienne. Des indications suggèrent que de nouvelles idées sont en cours d'évaluations. L'une fut évoquée dans un rapport du comité des relations étrangères du sénat, au début du mois: permettre à l'Iran de continuer l'enrichissement au niveau civil, à condition d'une totale franchise sur son programme d'armement supposé, et de sa soumission à de strictes inspections. Interrogés sur cette proposition, et d'autres, deux officiels de l'administration, qui ont requis l'anonymat sur ces sujets sensibles, déclarent que l'arrêt de l'enrichissement serait l'issue préférée, mais que les autres possibilités n'ont pas été écartées.

On est encore très loin d'un accord, qui impliquerait un énorme changement dans les relations entre l'Iran et l'Occident. Pour l'instant, les Iraniens doivent encore accepter une date de départ pour les négociations. Mais les Israéliens n'en sont pas moins soucieux. "Je serai très surpris si l'enrichissement par l'Iran sous un cadre légal, pouvait constituer une solution acceptable pour un gouvernement israélien, celui-ci ou un autre", indique Robert Satloff, dont le Washington Institue for Near East Policy a tendance à coller à la pensée israélienne. Ajoutez-y des visions contradictoires sur la meilleure façon d'arriver à la paix avec les Palestiniens, et vous obtenez ce que Satloff décrit comme " potentiellement le plus grand désaccord entre les deux pays dans l'histoire de leurs relations".

Tout ceci devrait également présenter pour Obama des problèmes politiques à la maison —avec Emanuel jouant le rôle de pompier pour son patron. Le représentant Eric Cantor, seul Républicain juif au congrès, considère que l'administration Obama adopte une position "très différente de la communauté juive américaine ordinaire", dans sa tentative de dialogue avec l'Iran. "La communauté pro israélienne est depuis toujours en faveur de l'utilisation de l'arme des sanctions vis-à-vis du régime terroriste d'Iran… L'administration a indiqué par tous les moyens que je peux identifier que nous ne devons pas infliger de sanctions pendant les négociations" (les officiels de l’administration nient leur intention de renoncer aux sanctions si des négociations sont en cours).

Netanyahu veut un calendrier fixe pour les négociations –de trois à six mois, par exemple—pour éviter que l'Iran ne joue la montre, pendant qu'il poursuit son programme d'enrichissement militaire de l'uranium. Lors du sommet de la semaine dernière, Obama a semblé se ranger réthoriquement à l'avis de Netanyahu lorsqu'il a dit qu'il insisterait sur la nécessité de "progrès" avant la fin de l'année. Les officiels proches de Netanyahu, qui ont requis l'anonymat du fait du caractère diplomatiquement sensible de la question, indiquent qu'Israël désire à présent savoir quelles mesures Obama serait prêt à adopter contre l'Iran en cas d'échec des négociations. La secrétaire d'état Hillary Clinton a parlé ces dernières semaines au Congrès de "sanctions écrasantes", mais les officiels de l'administration ont refusé d'élaborer sur la question.

Israël et les Etats-Unis ont déjà connu des conflits. Quand le premier ministre israélien Itzhak Shamir, un faucon, a refusé d'interrompre les implantations en 1991, le président H.W. Bush a suspendu la garantie américaine sur 10 milliards de dollars de prêts. Les ultimatums publics que délivrait à l'époque principalement le secrétaire d'état James Baker, irritaient bien des Israéliens. Mais Edward Djerejian, qui servait sous Baker et ensuite devint ambassadeur à Tel Aviv, pense qu'une main de fer est parfois utile aux politiciens israéliens. "Rabin m'a dit un jour qu'il pouvait être très utile à un leader israélien de recevoir un message clair de la part des Etats-Unis, car il peut ensuite s'adresser à ses administrés en ces termes: "Écoutez, je sais que c'est dur et ça ne me plaît pas, mais voilà ce que notre meilleur ami nous a demandé, et nous devons donc nous y plier", confie Djerejian, qui dirige aujourd'hui le James A. Baker III Institute for Public Policy à l'Université Rice. Rahm Emanuel est peut-être le meilleur ami, que Barack Obama a envoyé pour délivrer ce message.

Par Dan Ephron et Michael Hirsh

Traduction française de David Korn


> Lire la version américaine de l'article

Sources Nouvel Observateur

publié par Adriana Evangelizt publié dans : Les hommes de Barack
Samedi 06 Juin 2009

Qu'ont fait les Européens, de toute façon, pour amener la paix au Proche-Orient ou simplifier les relations avec l'Iran ? Rien.

L'Europe d'Obama, un continent «banalisé»

par Renaud Girard

Le président américain est populaire dans une Europe qu'il connaît très peu et où il privilégie le symbolique sur le politique.

Barack Obama déborde de sourires et de propos aimables à l'en-droit des deux vieilles grandes puissances d'Europe continentale et de leurs dirigeants, mais, en temps passé, il n'accorde à ces dernières qu'un service minimum. On est loin de l'époque où, en visite d'État à Paris, un Kennedy insistait pour avoir au moins trois entretiens en tête-à-tête avec le général de Gaulle à l'Élysée.

Le camp de Buchenwald et la plage de Colleville : Obama a choisi le champ du symbolique pour son voyage en Allemagne et en France ; le politique passe au second plan. Auprès de Merkel et de Sarkozy, le président américain estime qu'il n'a ni conseils à prendre (ou à donner), ni aide particulière à prodiguer (ou à solliciter). « Pour Obama, l'Europe n'est pas un problème, ni même une solution à ses problèmes », résume l'ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine.

Dans la hiérarchie des urgences, la résolution de la crise économique et financière et la stabilisation de l'ensemble Afghanistan- Pakistan viennent en premier aux yeux du président américain. Dans le premier dossier, c'est la relation avec la Chine qui est devenue cruciale. Au début de la semaine, Ben Bernanke, le président de la Réserve fédérale (banque centrale américaine), s'est publiquement inquiété des conséquences à moyen et à long terme de l'énormité des déficits publics des États-Unis. À cet égard, l'Europe, minée par ses propres déficits, ne peut être d'aucune utilité à l'Amérique. En revanche, il est vital que la Chine continue à acheter des bons du Trésor américain, même si tout le monde a compris que Pékin avait entamé un désengagement progressif à l'égard des titres libellés en dollars, pour une politique d'accumulation de matières premières stratégiques.

Unilatéralisme doux

En plaçant son voyage européen sous le signe symbolique de l'hommage au sacrifice (celui des soldats américains ayant débarqué en Normandie pour libérer ensuite les camps de concentration nazis), Obama adresse, concernant le second dossier, un message à peine codé à l'Allemagne et à la France : vous devriez faire plus dans la « grande guerre pour la civilisation » qui se joue actuellement en Afghanistan et au Pakistan. Mais, depuis le sommet de l'Otan de Strasbourg, le président américain sait que les Allemands et les Français ne sont pas prêts à envoyer des troupes supplémentaires dans les montagnes afghanes. Obama s'est résigné à l'américanisation croissante de la guerre en Afghanistan. Il a internalisé la faiblesse militaire des pays européens. Sur l'« Af-Pak », la Maison-Blanche est revenue sans illusion à ce que le géopoliticien américain Robert Kagan a appelé « the soft unilateralism of low expectations », c'est-à-dire un unilatéralisme doux, fondé sur très peu d'attentes à l'égard de l'Europe.

Spécialiste des relations transatlantiques et chercheur à la Brookings Institution (grand think-tank, plutôt démocrate, de Washington), Justin Vaïsse confie qu'il n'y a « aucune raison pour s'étonner de ce que l'Europe ne figure pas dans les priorités du président américain. L'agenda d'Obama en Europe est déjà réalisé. Il fallait tourner la page des mauvaises relations transatlantiques de l'ère Bush-Cheney : cela a été fait ». Qu'il s'agisse de l'Irak, de l'Iran, du conflit israélo-palestinien ou du changement climatique, il n'y a plus de divergences fondamentales entre Washington et les grandes capitales européennes. Au sommet de Copenhague sur le climat de décembre prochain, Obama se présentera avec une ligne très proche de celle des Européens, car son Administration est convaincue de la nécessité de diminuer drastiquement les émissions de CO2 de l'Amérique. Simplement, faute d'avoir obtenu un accord préalable du Congrès, le président américain ne sera pas en mesure d'impulser un nouveau protocole, plus ambitieux que celui que les États-Unis avaient repoussé à Kyoto.

Allié tranquille, un peu passif

Lors de son premier mandat (janvier 2001-janvier 2005), le président George W. Bush avait, à l'occasion de l'affaire irakienne, divisé l'Europe en profondeur. Son secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, avait vanté l'audace des pays de la « Nouvelle Europe » face à la « Vieille Europe », qu'incarnaient la France et l'Allemagne, résolument opposées au projet néoconservateur de démocratisation par la force de l'Irak. Rien de tel chez Obama, qui n'a jamais même imaginé de monter les Européens les uns contre les autres. Le nouveau président démocrate souhaite une Europe aussi unie que possible et se satisfait des relations transatlantiques actuelles, apaisées pour longtemps. L'Union européenne (dont la plupart des membres font partie de l'Otan) est vue de Washington comme un allié tranquille, un peu passif, qui ne pose pas de problème particulier. Pour résumer en recourant à un néologisme, on est entré dans une période d'« Obanalisation » de l'Europe.

Concernant les grandes affaires internationales, Hubert Vé­drine regrette que les « Européens se soient montrés totalement inca­pables de s'unir pour proposer des initiatives à Obama avant même son investiture ». De fait, l'Europe n'a pas su, pour imprimer sa marque sur le monde, saisir la « fenêtre d'opportunité » qui s'offrit à elle pendant les deux dernières années de la présidence Bush. Dans le dossier israélo-palestinien, Obama peut ainsi se payer le luxe d'avancer seul. Aucun dirigeant européen n'avait jusqu'à présent osé aller aussi loin que le président américain, qui, lors de son discours du Caire, a qualifié d'« intolérable » la situation de la population palestinienne dans les Territoires occupés. Pour relancer le processus de paix, plus personne ne fait confiance à l'Européen Tony Blair, pourtant délégué officiel du Quartette (États-Unis, Russie, ONU, Union européenne). Tous les yeux sont tournés vers George Mitchell, l'envoyé spécial d'Obama pour le Proche-Orient.

Sur la question du nucléaire iranien, la Maison-Blanche a repris la main, sans intervention de la moindre médiation européenne. Le président américain a tendu un rameau d'olivier à la population et aux dirigeants iraniens, en prenant l'initiative de s'adresser à eux à l'occasion du Nouvel An persan. En 2003-2004, c'était l'Europe, avec son groupe des trois (France, Allemagne, Angleterre), le leader dans les négociations avec l'Iran. Aujourd'hui, le leadership sur cette question est clairement passé à Washington.

À l'égard de la Russie, Obama a forgé une nouvelle diplomatie, sans que l'Europe lui ait été du moindre conseil. Le président américain souhaite rétablir une relation stratégique de qualité avec Moscou. Pour cela, il a relancé avec succès les négociations bilatérales de réduction des arsenaux nucléaires militaires.

Ignorance et ingérence

La politique de soutien actif aux « révolutions de couleur » dans les anciennes républiques soviétiques est terminée ; il s'agit de ne pas accroître le « sentiment d'encerclement » des Russes. L'adhésion de la Géorgie et de l'Ukraine à l'Otan ne fait pas partie de l'ordre du jour d'Obama. La construction d'un bouclier nucléaire en Pologne et en République tchèque est suspendue. En échange, Washington a demandé à Moscou de ne plus réitérer ses incursions militaires dans les anciennes républiques soviétiques (à l'image de l'opération en Géorgie du mois d'août 2008).

La popularité d'Obama est telle dans les pays de l'Union européenne que leurs dirigeants ne réagissent que mollement quand le président américain s'ingère indûment dans leurs affaires, comme lorsqu'il préconise l'entrée de la Turquie dans l'Union. Obama est populaire dans une Europe qu'il connaît en fait très peu. Son plaidoyer du Caire pour le droit des femmes musulmanes à porter le voile en Occident témoigne de son ignorance de la vieille aversion française à l'égard du communautarisme.

L'Europe n'aura de chance de se faire entendre d'Obama que lorsqu'elle parlera d'une voix unie. Le cas s'est produit une fois, lors de la phase de préparation du G20 de Londres, quand Sarkozy et Merkel ont uni leurs voix pour exiger de l'Amérique plus de régulation du système financier international. Parce qu'ils s'étaient exprimés ensemble, le président français et la chancelière allemande ont été entendus : le secrétaire au Trésor américain finalise actuellement toute une série de nouvelles réglementations qui s'imposeront aux banques, aux compagnies d'assurances, aux agences de notation et aux fonds spéculatifs.

Sources Le Figaro

publié par Adriana Evangelizt publié dans : OBAMA / EUROPE
Samedi 06 Juin 2009

Obama, premier président américain

à Buchenwald

par Patrick Saint-Paul

Parmi les soldats américains qui libérèrent le camp de concentration, le 11 avril 1945, un soldat de la 89e division d'infanterie, Charlie Payne, était le grand-oncle d'Obama.

Barack Obama a été accueilli, vendredi matin, par le vent mauvais, qui leur glaçait les os, et qui ne s'interrompt jamais. Les déportés de Buchenwald l'avaient surnommé le «souffle du diable». Les nazis choisirent sciemment la face nord de la colline de l'Ettersberg, en 1937, pour y dresser ce camp de concentration, afin d'y rendre les conditions de vie encore plus insupportables. Derrière les grilles, qui portent l'inscription «Jedem Das Seine» («à chacun son dû»), les soldats américains découvrirent le 11 avril 1945, lorsqu'ils libèrent les 21 000 survivants de Buchenwald, l'enfer de l'univers concentrationnaire du IIIe Reich. Aux côtés des généraux George Patton et Dwight Eisenhower, figure un soldat anonyme de la 89e division d'infanterie : Charlie Payne, le grand-oncle de l'actuel président des États-Unis.

De retour aux États-Unis, Charlie Payne, le frère de la grand-mère qui éleva Obama, avait refusé de descendre de son grenier pendant six mois : le temps de digérer l'horreur. À Buchenwald, il avait vu les cabanes remplies de cadavres décharnés, les rescapés squelettiques, les fours crématoires, la salle d'exécution maquillée en local de visite médicale, la cave de stockage des morts, aussi utilisée pour tuer en accrochant les victimes à un crochet de boucher, les lampes en peau humaine tatouée, qui servaient de trophées aux nazis… Révulsé par ce spectacle apocalyptique, Eisenhower ordonna à 1 000 habitants de la ville voisine de Weimar de défiler dans le camp pour constater les crimes commis par le régime, qu'ils avaient porté au pouvoir. «Wir wussten nicht» («Nous ne savions pas»), répètent-ils en détournant le regard et en se bouchant le nez avec leurs mouchoirs.

Elie Wiesel guidera Obama

Berceau de Goethe, Schiller et du Bauhaus, Weimar avait pourtant condamné la culture «cosmopolite», pour se jeter dans les bras du national-socialisme dès les premières heures. Weimar avait assisté à l'arrivée des convois de déportés et brûlé dans les fours crématoires de son cimetière les premières dizaines de milliers de morts de Buchenwald, moyennant rétribution, avant que le camp ne s'équipe de ses propres fours. Ni le détenu «VIP» Léon Blum, ni le prix Nobel de littérature, Elie Wiesel, détenu dans le petit camp, le mouroir où étaient parqués les Juifs et où son père disparut, ne comprirent comment Weimar avait pu à la fois enfanter la culture classique allemande et accepter une telle barbarie. Hanté depuis sa libération par le regard que lui renvoya son «cadavre» lorsqu'il eut la force de se regarder dans un miroir à Buchenwald, Wiesel guidera Obama à travers ce qu'il reste du camp aujourd'hui.

Rasés par les Soviétiques, les villas des SS, leurs casinos, le zoo, le bordel réservé aux détenus de ce qui devait être un «camp modèle», ont disparu. À Buchenwald sont déportés les prisonniers politiques, les prisonniers de guerre, notamment soviétiques, les homosexuels, que les nazis émasculent ou tentent de «rééduquer» par des injections, les Roms, les Témoins de Jéhovah et les Juifs.

56 000 détenus exterminés

C'est un camp «d'extermination par le travail», où ont succombé 56 000 détenus sur les 250 000 prisonniers. Une exposition de photographies de l'époque retrace l'histoire du camp. Il reste aussi l'essentiel pour être glacé par l'horreur : les six fours crématoires, dont les nazis louaient l'efficacité et qui serviront de modèle pour Auschwitz, alignés dans une pièce qui mène vers la cave où étaient entreposés les corps, vers la salle de dissection, vers les cendres…

«Nous ne sommes pas dans un simple musée ici, explique le directeur du Mémorial de Buchenwald, Volkhard Knigge. Buchenwald est un lieu de souffrance et de martyre, un cimetière à la fois symbolique et réel. C'est un lieu qui reflète directement les crimes nazis, une preuve. En étudiant la folie de la dictature nazie, cet endroit nous enseigne comment mieux vivre ensemble. Lorsqu'on vient ici, on est un homme, plus rien d'autre ne compte, que l'on soit ministre ou président.» Knigge souligne l'importance de la visite d'Obama, la première d'un président américain à Buchenwald. «C'est un hommage d'autant plus grand pour les anciens détenus, qu'il est parent avec l'un des soldats qui libéra le camp, explique-t-il. En venant ici après le discours du Caire où il a dit la nécessité du dialogue entre les cultures, Obama montre que l'on ne peut pas pour autant accepter de politique agissant contre les droits de l'homme, ou un nouvel antisémitisme. C'est le fondement de la civilisation.»

Sources Le Figaro

publié par Adriana Evangelizt publié dans : OBAMA / EUROPE
Samedi 06 Juin 2009

On en apprend un peu plus concrètement avec les articles du Figaro mais, de toute façon, rien que dans la politique internationale et notamment envers Israël, on voit bien que les orientations d'Obama sont différentes de celle de la France. Son discours du Caire aux musulmans du monde entier en est la preuve flagrante. Lui, il veut unifier là où d'autres passent leur temps à désunir. Ceux qui oeuvrent pour la paix seront appelés FILS DE DIEU... cette phrase prononcée par Yeshoua, citée par Obama n'est pas un hasard. Il faut savoir lire entre les lignes et comprendre tout ce qu'il ne dit pas. Mais une chose est sûre, c'est que tous ceux qui ne sont pas dans cette ligne en prennent pour leur grade. Or l'Humanité, à ce moment précis où tout va très mal, qu'attend-elle ? Des paroles d'apaisement et non des menaces de bombarder d'autres pays comme on nous le rabâche depuis des mois. L'attitude d'Obama est donc le contraire de celle de Sarkozy. Sur tous les sujets ou presque.





Sarkozy-Obama, le rendez-vous de Normandie


par Bruno Jeudy



Le président français ne verra pas son homologue américain à Paris. Leur rencontre ne durera qu'un peu plus de quatre heures lors des cérémonies du 65e anniversaire du Débarquement.

PEUT-ON séjourner dans la capitale d'un pays allié sans aller dire bonjour à son voisin ? Barack Obama, qui est arrivé vendredi soir à Paris et loge au 41 de la rue du Faubourg-Saint-Honoré, dans la résidence de l'ambassadeur américain, c'est-à-dire à quelques centaines de mètres de l'Élysée, n'a pas prévu de rencontrer son homologue français. Tout se passera en Normandie. À son arrivée à l'aéroport d'Orly, le président américain n'a pas souhaité d'accueil protocolaire. Du coup, c'est le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui s'est chargé d'aller le saluer. Barack Obama a ensuite rejoint la résidence de l'ambassadeur américain, où il a retrouvé pour une soirée privée son épouse, Michelle, et ses deux filles, Malia, 10 ans, et Sasha, qui aura 8 ans dimanche, arrivées dans un avion séparé vendredi en milieu d'après-midi.


Il faudra donc attendre ce midi pour voir les couples Sarkozy et Obama ensemble. Pour son séjour français, le président des États-Unis a privilégié la partie privée sur la diplomatie. Avec deux nuits et deux journées pleines en France, les numéros un américain et français ne se verront, a priori, qu'un peu plus de quatre heures. Le contact entre les deux hommes a beau, répète-t-on à l'Élysée, être « facile, chaleureux et amical », il reste pour l'instant uniquement professionnel.


Programme minuté


Les services de la Maison-Blanche ont décliné la proposition française d'une réception officielle samedi matin au palais présidentiel suivie d'une conférence de presse. L'accueil se déroulera donc, samedi midi, à Caen, en Normandie. « C'est la France qui a choisi de centrer cette journée sur la symbolique du Débarquement et il est donc normal que tout se passe à Caen et au cimetière américain de Colleville », explique le conseiller Jean-David Lévitte, plus diplomate que jamais. Le programme des festivités est calé à la minute près : vingt minutes de tête-à-tête à la préfecture de Caen ; un quart d'heure de point presse ; une heure de déjeuner. Place ensuite à la parade franco-américaine pour célébrer dans le cimetière de Colleville, en présence de vétérans, le 65e anniversaire du Débarquement allié. Une parade à laquelle participeront les premiers ministres britannique et canadien ainsi que le prince Charles, l'invité de dernière minute, qui représentera finalement sa mère, la reine d'Angleterre.


Sitôt la séquence normande terminée, Obama retournera à Paris, où il a prévu de passer la fin du week-end. Sans revoir Sarkozy. À l'Élysée, on renvoie avec agacement vers les services de l'ambassade américaine pour les questions concernant le « programme privé » de la famille Obama. Selon nos informations, le numéro un américain a prévu de visiter samedi soir la cathédrale Notre-Dame et, dimanche matin, le Centre Georges-Pompidou. Michelle Obama s'est concocté un programme parallèle. vendredi soir, elle devait visiter la tour Eiffel avec ses filles et, dimanche, faire du shopping chez Bonpoint, une marque chic de vêtements pour enfants. Entre-temps, la First Lady pourrait rendre visite à Carla Bruni-Sarkozy dimanche à l'Élysée.


Il n'est pas certain, en revanche, que Malia et Sasha Obama assistent aux cérémonies en Normandie. Elles pourraient à la place découvrir le Musée des arts premiers du quai Branly. Le plus récent des monuments parisiens, dont on doit la création à Jacques Chirac, était l'une des priorités de Barack Obama. Faute de temps, il ne devrait pas le visiter.


À ceux qui suggèrent que la popularité de l'Américain agace son homologue français, habitué à occuper seul le devant de la scène internationale pendant le crépuscule de l'Administration Bush, la réponse de l'Élysée claque : « Il n'y a aucune frustration. » Seulement de l'amertume. Et l'espoir qu'Obama accordera un peu de son temps privé pour une photo avec Sarkozy.


Sources Le Figaro  

 
publié par Adriana Evangelizt publié dans : La France pour Obama
Samedi 06 Juin 2009

 

 

 

Obama en Normandie en présence

de 1.500 vétérans

Pavoisée de toutes parts aux couleurs des alliés, la Normandie célèbre samedi le 65e anniversaire du Débarquement et de sa libération, avec le président américain Barack Obama en vedette et en présence de 1.500 vétérans.


M. Obama, arrivé vendredi soir à Paris, doit prononcer samedi un discours devant 9.000 invités triés sur le volet, dont 2.000 Américains, au cimetière américain de Colleville-sur-mer, à 50 km à l'ouest de Caen, lors de la principale des quelque 450 cérémonies prévues dans toute la Normandie.

L'avion présidentiel s'est posé à 21H13 à l'aéroport d'Orly (Val-de-Marne). Le président Obama a été accueilli au pied de l'avion par le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. M. Obama est arrivé d'Allemagne, où il s'est notamment rendu à Dresde, rasée par des bombardements anglo-américains qui firent 35.000 morts en février 1945 et au camp de concentration de Buchenwald, où il a continué à plaider pour une relance du processus de paix au Proche-orient.

Le président américain et son épouse seront accueillis samedi matin par le président Nicolas Sarkozy et son épouse, à Caen, où les deux hommes doivent s'entretenir et déjeuner ensemble. Les deux couples assisteront ensuite à une cérémonie au cimetière de 70 ha, surplombant Omaha Beach, où sont enterrés 9.387 soldats américains tombés lors de la bataille de Normandie.

Le Premier ministre canadien Stephen Harper, le Premier ministre britannique Gordon Brown et le Prince Charles participeront à la cérémonie. Le représentant de la couronne et le chef du gouvernement britannique auront auparavant assisté à un service religieux à la mémoire des soldats britanniques tués lors du débarquement allié, en compagnie de vétérans et du Premier ministre français François Fillon, à la cathédrale de Bayeux, non loin de Colleville.

Quelque 2.500 à 3.000 policiers et gendarmes ont été mobilisés dans le cadre d'un imposant dispositif de sécurité.

Un des axes majeurs de la région, la RN13 sera fermée sur 70 km entre 12H30 et 18H00. A Caen, où la majorité des parkings seront fermés, un périmètre de sécurité dans le centre la ville a été interdit au stationnement et à la circulation de 6H00 à 14H30. Les organisateurs des commémorations ont souhaité, pour cet anniversaire, mettre en avant les vétérans, de moins en moins nombreux et dont les plus jeunes sont aujourd'hui âgés de 85 ans.

"C'est la dernière fois qu'ils viennent en masse. Nous sommes à un tournant des commémorations qui vont prendre de nouvelles formes", résume Sandy Cordone, un responsable de l'association Normandie Mémoire qui organise l'anniversaire.

Pour leur rendre hommage, la Normandie s'est pavoisée aux couleurs de la Libération depuis plusieurs jours, de très nombreux villages accrochant des guirlandes de drapeaux alliés dans les rues. A Colleville, les habitants ont placé des portraits de soldats le long des rues.

L'événement a également attiré, comme à chaque célébration, des milliers d'amateurs d'histoire et de collectionneurs de matériels militaires, qui ont reconstitué plusieurs camps militaires et sillonnent les routes dans des jeeps, des motos ou parfois des blindés de l'époque du débarquement.

Sources AFP

publié par Adriana Evangelizt publié dans : La France pour Obama

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