Barack... le visage de l'Amérique que l'on espère...
Il possède le charisme de John Kennedy et la foi en un monde meilleur de Martin Luther King. Il a le don fabuleux de nous faire croire qu'une Autre Amérique est possible. Et nous y croyons. Nous la voyons. Nous la touchons du doigt. Nous n'oserons même pas une comparaison avec George W. Bush qui a fait de l'Amérique ce que l'on sait. Le remplacer par une Hillary Clinton prisonnière de ses lobbies n'apporterait aucun changement. Seul Barack Obama en est capable. Il est près du Peuple et il sait ce dont il a besoin. Si Obama accédait à la présidence, le ciel serait plus bleu pour les Américains mais aussi, par extension, pour le monde entier. Il rendrait à l'Amérique son Honneur que Bush a pris plaisir à massacrer. Barack Obama est de ces hommes qui peuvent refaire l'Histoire et lui donner une autre dimension. Voilà la raison pour laquelle nous le soutenons.
Découvrez le parcours de Barack Obama...
Stand up !
Posté par Adriana Evangelizt
par Richard Hétu
L’auteur et chroniqueur de l’hebdomadaire Time Joe Klein est accusé d’antisémitisme pour avoir écrit dans un texte récent que John McCain était «entouré et financé par des néo-conservateurs juifs qui croient que l’Iran représente une menace existentielle pour Israël». Dans un billet sur le blogue Swampland du Time, Klein avait par ailleurs affirmé que la loyauté de certains néo-conservateurs juifs, dont le sénateur du Connecticut Joe Lieberman, était partagée entre Israël et les États-Unis.
Ces écrits ont valu à Klein, un juif, une lettre du président de la Ligue anti-défamation, Abraham Fox, lui reprochant de recycler «les vieux ragots sur un complot juif pour manipuler et contrôler le gouvernement». Formulant la même critique, John Podhoretz, rédacteur en chef du magazine Commentary, a pour sa part réclamé le congédiement de Klein. Celui-ci vient de publier cette défense sur le blogue Swampland. J’en cite un extrait dans le texte :
I have now been called antisemitic and intellectually unstable and a whole bunch of other silly things by the folks over at the Commentary blog. They want Time Magazine to fire or silence me. This is happening because I said something that is palpably true, but unspoken in polite society: There is a small group of Jewish neoconservatives who unsuccessfully tried to get Benjamin Netanyahu to attack Saddam Hussein in the 1990s, and then successfully helped provide the intellectual rationale for George Bush to do it in 2003. Their motivations involve a confused conflation of what they think are Israel’s best interests with those of the United States. They are now leading the charge for war with Iran.
Sources Le Blog de Richard Hétu
Posté par Adriana Evangelizt
par Serge Halimi
Monsieur Barack Obama a de la chance. Il veut succéder à un des présidents les plus impopulaires de l’histoire de son pays, il est jeune, il est métis, la planète entière semble attendre qu’il entre à la Maison Blanche. Il paraît donc mieux armé qu’un autre pour « renouveler le leadership américain dans le monde (1) ». C’est-à-dire réhabiliter la marque Amérique, rendre plus performantes parce que mieux acceptées — et plus accompagnées — les interventions des Etats-Unis à l’étranger.
Y compris les interventions militaires, en Afghanistan en particulier : « Je construirai, promet-il, une armée du XXIe siècle et un partenariat aussi puissant que l’alliance anticommuniste qui a remporté la guerre froide, afin que nous demeurions partout à l’offensive, de Djibouti à Kandahar (2). » A ceux qui rêvent encore qu’un président « multiculturel » né d’un père kényan signalerait ipso facto la venue d’une Amérique new age et la farandole d’une ronde où tous les gars du monde se donneraient la main, le candidat démocrate a déjà dit qu’il s’inspirerait moins des Pink Floyd ou de M.George McGovern que de la politique étrangère « réaliste et bipartisane du père de George Bush, de John Kennedy et, à certains égards, de Ronald Reagan (3) ». Le multilatéralisme n’est pas pour demain ; l’impérialisme serait néanmoins plus soft, plus habile, plus concerté et, qui sait, peut-être un peu moins meurtrier. Les huit ans d’embargo de la présidence Clinton avaient toutefois tué énormément d’Irakiens...
M. Barack Obama a du talent. L’Audace d’espérer, son livre-programme, donne la mesure de son mélange d’intelligence historique, de rouerie, d’« empathie » politique pour ses adversaires — dont il dit « comprendre les motivations et reconnaître chez eux des valeurs [qu’il] partage » —, de tournures savamment balancées qui ne résolvent pas grand-chose mais qui satisfont (presque) chacun, d’humour, de conviction aussi. De conviction, mais tempérée par un hommage inquiétant à l’ancien président William Clinton, qui aurait « extirpé du Parti démocrate certains des excès qui l’empêchaient de gagner les élections (4) ». Quels excès ? Le refus de la peine de mort ? L’aide sociale aux pauvres ? La défense des libertés publiques ? Une certaine redistribution des revenus ?
M. Barack Obama a de l’ambition. Jusqu’où le conduira celle, légitime, de « gagner les élections » ? Ces derniers mois semblent suggérer la réponse : plus à droite. Pas au point, tout de même, de rendre M. Obama interchangeable avec le républicain John McCain et de justifier alors le raccourci « bonnet blanc et blanc bonnet ». Mais assez éloigné déjà du discours progressiste du début de sa campagne, et plus loin encore de celui que ses partisans les plus idéalistes ont cru entendre. Car « Yes, we can » est également devenu : oui, nous pouvons critiquer un arrêt de la Cour suprême, pourtant fort conservatrice, qui prohibe l’exécution de violeurs non coupables d’assassinat ; oui, nous pouvons prononcer devant le lobby pro-israélien un discours qui s’aligne sur les positions les plus inflexibles du gouvernement de M. Ehoud Olmert ; oui, nous pouvons associer systématiquement créativité et secteur privé, compléter la mission de redéfinition du progressisme lancée par MM. Clinton et Anthony Blair, promouvoir une alliance de classes dont les managers et les cadres seraient les acteurs-clés.
Il y a plus troublant. Enhardi par les flots de contributions financières qui enflent les coffres de sa campagne, M. Obama vient de porter un coup sévère, peut-être fatal, au système de financement public des élections. Ainsi, il a annoncé qu’il serait le premier candidat à la présidence depuis le scandale du Watergate à renoncer au versement par l’Etat d’un montant donné (84,1 millions de dollars en 2008), lequel est alloué à chacun des deux grands rivaux en échange de leur acceptation d’un plafond de dépenses équivalant à la somme reçue. Le poids de l’argent en politique n’est pourtant pas un problème mineur aux Etats-Unis. M. Obama a signalé qu’il ne le résoudrait pas. Il lui reste, ailleurs, quelques occasions de ne pas décevoir. Ce qui permettrait aux vrais amis du peuple américain de conserver... l’audace d’espérer.
(1) Barack Obama, « Renewing American leadership », Foreign Affairs, New York, juillet 2007.
(2) Ibid. Une telle ambition impliquera d’ailleurs une augmentation du budget du Pentagone et l’addition de « soixante-cinq mille soldats et de vingt-sept mille marines » aux forces armées américaines.
(3) Discours de Greensburg (Pennsylvanie), le 28 mars 2008.
(4) Barack Obama, The Audacity of Hope, Crown, New York, 2006, p. 35.
Sources Le Monde Diplomatique
Posté par Adriana Evangelizt
Ah voilà une grande Dame qui nous ramène des années en arrière. Elle n'a pas changé. Elle est restée intacte, fidèle à ses valeurs, à l'Amour de la Justice et de la Liberté. Joan Baez, c'est une perle rare. C'est même un diamant. Allez pour le fun, une video Joan Baez - Dylan...
Ne boudons pas notre plaisir. La frêle silhouette qui s'avance vers nous, sur le chemin escarpé d'un parc de Stuttgart où elle chantera ce soir, est celle d'une légende. Et le sourire ravissant qu'elle décroche est celui qui, pendant plusieurs décennies, a orné des millions de pochettes de disques et de posters dans les chambres d'adolescents romantiques et ardents un peu partout dans le monde. Elle s'appelle Joan Baez. Elle chante depuis près de cinquante ans, et ses chansons, qu'elles soient ancrées dans la tradition folk, qu'elles soient protestataires, poétiques, religieuses, écrites par elle-même ou par Bob Dylan, sont indémodables.
Devenue célèbre à 18 ans, grâce à sa voix d'une pureté prodigieuse, elle a fait à 21 ans la couverture de Time Magazine, a marché aux côtés de Martin Luther King, chanté à Woodstock puis à Hanoï sous les bombes, lutté contre la guerre au Vietnam, plus récemment contre celle en Irak, pris la défense de prisonniers politiques, de réfugiés et d'opprimés un peu partout dans le monde.
Elle continue ses concerts, perpétuellement sur la route, évoquant avec intelligence et humour les affaires du monde, voyageant de nuit dans un énorme camion : Stuttgart, Montreux, Zagreb, Sarajevo, Venise, Cognac, Nice, Barcelone... Ses convictions non violentes sont intactes, comme son plaisir de chanter, d'une voix plus grave qu'à ses débuts certes, mais profonde et habitée. Quand elle entonne la ballade de Nicola and Bart, Here's To You, le public chante avec elle sous les étoiles, et cela la fait sourire. Elle rêve toujours. Et cette année, avec plaisir, elle va voter.
Raphaëlle Bacqué et Annick Cojean
Joan Baez : "Je rêve qu'Obama, président, rassemble et unifie un pays divisé depuis trop longtemps"
Il se passe quelque chose d'inouï en Amérique. Quelque chose de lumineux que je n'aurais jamais pu imaginer se produire dans la noirceur et la torpeur qui ont saisi le pays depuis sept ans. Quelque chose qui bouleverse, motive, ranime. Quelque chose qui, dans les décombres de la politique actuelle, incarne l'espoir. J'avais toujours refusé, jusqu'à présent, de m'engager dans ce qu'on appelle la politique politicienne. Je n'avais jamais souhaité, malgré de nombreuses sollicitations, donner mon appui à des candidats aux élections, à quelque niveau qu'elles soient. Mais ce qui se passe aujourd'hui est trop extraordinaire pour que je ne change pas d'attitude. 1) Barack Obama est candidat à la Maison Blanche. 2) Des masses d'Américains sont prêts à avoir un président noir. C'est la chose la plus saine qui se soit produite dans ce pays depuis longtemps.
J'ai écrit une lettre à Obama. Et sa réponse m'a rendue très heureuse. Elle était dans la veine de Martin Luther King. Avec l'expression d'une foi sincère dans la non-violence. N'a-t-il pas une image de Gandhi dans son bureau ? Quelque chose est donc juste, de ce côté-là... En fait, Obama me rapproche d'un sentiment de fierté pour ce pays que je n'avais encore jamais ressenti. Lorsque sa femme Michelle a évoqué cette fierté inédite au soir d'une primaire, elle a déclenché une tempête.
Mais moi, qui ne suis pas candidate, je peux assurer que oui, ce serait une fierté d'être - enfin ! - bien représentés dans le monde, de nous savoir fiables, généreux, solidaires, pacifistes... Un sentiment nouveau pour moi qui déteste toute idée d'allégeance à un pays - la naissance est le fruit d'un tel hasard ! - et n'ai jamais pu saluer le drapeau américain, la main sur le coeur, en récitant des âneries ! Aucun drapeau d'ailleurs !
Je me suis toujours sentie citoyenne du monde, quitte à être mal comprise. Je me souviens par exemple d'une marche de protestation aux côtés du syndicaliste Cesar Chavez et de milliers d'ouvriers mexicains. "Alors, vous vous sentez latino ?", m'a-t-on lancé dans l'enthousiasme général. "Pas plus que je ne me sens écossaise", ai-je répondu.
Difficile de décrire un parcours. Tant d'éléments interviennent pour construire une personne. Mes parents, à l'évidence, ont joué un grand rôle. Mon père est arrivé du Mexique à l'âge de 2 ans, fils d'un pasteur méthodiste qui avait choisi de vivre aux Etats-Unis avec les plus déshérités. L'idée de partage était essentielle dans la famille. Mon père avait lui aussi décidé de devenir pasteur avant d'être déçu par l'Eglise et de s'orienter vers les mathématiques et les sciences. Il est devenu physicien, chercheur, et a opté pour une carrière de professeur plutôt que d'accepter des postes bien plus rémunérés dans le secteur de la défense.
Il était profondément intègre, reconnaissant envers les Etats-Unis, qui lui avaient donné sa chance ; et ce n'est qu'à sa mort que j'ai découvert l'importance de ses travaux, notamment l'invention du microscope à rayons X. Ma mère, qui a aujourd'hui 95 ans, est née en Ecosse, mais a grandi aux Etats-Unis auprès de son père, également pasteur. Elle n'a jamais eu de dévotion particulière à l'égard de l'Amérique, et c'est d'elle, je crois, que j'ai hérité un tempérament rebelle.
Quand j'avais 8 ans, mes parents sont devenus quakers. Mes soeurs et moi avons détesté à l'époque les assemblées austères et silencieuses du dimanche matin. Mais leur façon d'accorder tant de valeur à la vie humaine, de la placer bien au-delà des nations et des territoires, m'a beaucoup influencée. C'est dans ces cercles que j'ai découvert qu'il existait des alternatives à la violence, tant sur le plan personnel que politique. Et, au fond, c'est autour de cette notion que j'ai construit ma vie.
Nous avons beaucoup voyagé en famille. L'année de mes 10-11 ans, nous avons même vécu à Bagdad, autant dire sur une autre planète. L'Irak avait, disait-on, cinquante ans de retard sur les pays de la région, et les gens étaient d'une pauvreté affolante. Les rues étaient pleines de mendiants, de handicapés, d'enfants qui fouillaient les poubelles. Et je me sentais spontanément solidaire, infiniment plus proche d'eux que des Occidentaux qui fréquentaient le club britannique ultrachic. C'est là qu'est née ma passion pour la justice sociale. C'est là aussi que maman m'a fait lire Le journal d'Anne Frank, qui a eu un grand impact sur ma vie. Je crois même que ce fut un déclencheur pour me préoccuper des autres.
La couleur foncée de ma peau de petite Mexicaine m'a peut-être sensibilisée, à l'adolescence, à la discrimination ethnique. Mais ce furent les ateliers de discussion organisés à l'intention des jeunes quakers qui m'ont éveillée aux problèmes du monde. C'est à l'occasion d'un de ces séminaires dans la région de Carmel que j'ai été littéralement bouleversée par un prêcheur noir de 27 ans, originaire de l'Alabama, qui nous parla d'injustice et de souffrance, de combats à mener avec les armes de l'amour et de révolution non violente. Il s'appelait Martin Luther King, et ses paroles me faisaient tellement d'effet que j'en tremblais, à la fois d'excitation et de peur. Il offrait une forme et des mots à mes croyances passionnées mais imprécises. Et je sentais qu'il y avait là une voie dans laquelle je ferais quelque chose. Chanter, bien sûr, puisque j'avais ce don. Mais chanter en exprimant quelque chose.
J'ai revu King plusieurs fois. Il était d'une décontraction et d'un humour stupéfiants, vu la pression sur ses épaules. J'ai chanté We Shall Overcome, ce fameux 28 août 1963, à Washington, sur la scène où, devant 350 000 personnes, il prononça son discours : "I have a dream". Je crois qu'il y avait aussi Bob Dylan. J'ai marché à ses côtés à Grenada, dans le Mississippi, à la tête d'un cortège d'enfants noirs auxquels on refusait l'accès à un collège blanc. Et, en 1967, il est venu me rendre visite lorsque j'ai été emprisonnée, une première fois, pour avoir protesté contre la mobilisation pour la guerre au Vietnam.
C'était une époque de lutte, de foi, d'engagement. Il y avait des débats, des boycottages, des manifestations. Pour les droits civiques, contre les inégalités, contre la conscription. Et contre la guerre au Vietnam, bien sûr, pour laquelle j'ai refusé de payer ma part d'impôt militaire. J'ai créé un Institut pour l'étude de la non-violence, en Californie. Je suis aussi allée sur des zones de guerre. Toute ma vie a été déterminée par cette mobilisation permanente - concerts, actions, voyages - pour une multitude de causes : les mères des disparus en Argentine, Andreï Sakharov, Amnesty International, les prisonniers politiques chiliens et grecs, l'interdiction de la torture, l'abolition de la peine de mort...
Il me semble d'ailleurs qu'on ne donne pas assez crédit à tous ces militants de la non-violence pour le résultat obtenu. Ce sont eux qui ont mis fin à la guerre au Vietnam ! Le président ne le souhaitait pas ! Les marches, les chants, les pétitions, toutes les actions protestataires ont été payantes ! Et le sont toujours ! Encore faut-il cet esprit, cette cohésion, cet élan qui a manqué dans les années 1980 et 1990, marquées par un repli des gens sur eux-mêmes et un rejet absolu de l'idée de sacrifice. Le choc du 11 septembre 2001 et la réponse lamentable, criminelle, du gouvernement américain auraient pu susciter un sursaut. Mais Bush a exploité et entretenu la peur. Tout le monde s'est cru obligé de faire assaut de patriotisme pour ne pas susciter la méfiance et garder son boulot. Même les médias ! Quel désastre !
Et voilà qu'est apparu Obama. Et que des millions d'Américains jusque-là désabusés et exclus ont à nouveau envie d'agir. Voilà que des foules de jeunes Noirs se déplacent pour la première fois de leur vie pour aller écouter un candidat et aller voter. On me dit que les crimes dans certains quartiers ont chuté et que les ghettos sont plus calmes. Voilà que Gabriel, mon fils de 38 ans, qui n'a jamais été intéressé par les affaires publiques, organise un concert dans sa ville avec ses amis musiciens, pour récolter des fonds pour la campagne d'Obama. Et voilà que moi aussi, naguère si sceptique sur l'utilité du vote, je me prends à rêver.
Je rêve qu'Obama, président, rassemble et unifie un pays divisé depuis bien trop longtemps. Je rêve qu'il apporte de la décence et de l'intégrité dans les eaux troubles de Washington. Je rêve qu'il relève la barre de ce qui est moralement et légalement acceptable dans une démocratie (ni torture ni peine de mort) et qu'il appelle les riches à partager leur fortune. Je rêve qu'il résiste à l'appel de la guerre et cherche le dialogue avec les parties opposées. Je ne suis pas naïve, je sais que la présidence est un poste dangereux, exposé, peu propice à l'épanouissement d'un pacifiste. Mais je trouve cet homme inspirant.
Sources Le Monde
Posté par Adriana Evangelizt
Barack Obama in Paris
Posté par Adriana Evangelizt
Par Simon Koschut, pour RIA Novosti
Les Allemands attendent trop de Barack Obama. Il faut bien le comprendre. Ils espèrent avant tout d'Obama une politique qui soit à l'opposé de celle appliquée par George Bush junior et qu'il puisse traduire dans les faits. Le candidat démocrate incarne, pour les Allemands, ce à quoi ils aspirent depuis longtemps: une Amérique ouverte, tolérante, multiculturelle et prête au dialogue. C'est ce qui distingue Barack Obama de George W. Bush, dont il est une sorte d'antithèse. Autrement dit, les Allemands voient en lui un "bon Américain". Et Obama s'en sert, en se présentant comme un homme ouvert, tolérant et multiculturel. Les Allemands réagissent bien à cette approche, par conséquent, le discours prononcé par le sénateur de l'Illinois à Berlin lui assure de bons clichés pour sa campagne électorale.
Ici, à Berlin, il est accueilli non pas formellement, mais de facto, comme un président déjà élu. Si les Allemands pouvaient élire le président américain, Obama serait déjà élu. Mais tout se décidera aux Etats-Unis où la situation est bien plus complexe. Barack Obama ne devance John McCain que de 4%. Bien des choses peuvent encore arriver. Cependant, en Allemagne, ce fait n'est pas suffisamment pris en considération.
De plus, Barack Obama est considéré comme le nouveau messie, un sauveur qui devrait proclamer du jour au lendemain un nouveau paradis transatlantique. Mais cela n'aura pas lieu. S'il remporte l'élection, Obama sera contraint de s'occuper avant tout des problèmes économiques dans son pays. Quels que soient ses désirs, il ne pourra s'occuper de tout à la fois, il devra se soumettre au Congrès, respecter les principes de freins et de contrepoids et ne pourra pas diriger le pays sans tenir compte de la position du pouvoir législatif.
Le Congrès a déjà laissé entendre, par exemple, qu'il avait l'intention d'appliquer une politique plutôt protectionniste en matière de commerce et d'intervenir dans la politique écologique. Tout cela place dès maintenant Barack Obama dans un cadre assez étroit. S'il devient président, il avancera, tout comme son prédécesseur, de nombreuses exigences aux Allemands, par exemple, celle de participer plus activement aux opérations en Afghanistan ou en Irak.
Mais, pour l'instant, il ne peut aborder ces sujets difficiles que dans les grandes lignes, sans avancer d'exigences concrètes. En effet, Barack Obama n'est encore que candidat à la présidence. C'est pourquoi il s'en tient à un ton modéré en vue de s'attirer le plus de sympathies possible. Son discours de Berlin lui servira en outre à parer les critiques de ses adversaires, qui l'accusent de ne pas avoir une expérience suffisante en politique étrangère.
Il faudra probablement attendre son éventuelle accession au poste de président pour avoir un énoncé plus clair de ses positions. Dans l'ensemble, il est peu probable que Barack Obama justifie pleinement le grand espoir que les Allemands fondent sur lui. Cela pourrait poser problème, car après l'ivresse de la fête, vient toujours le dégrisement.
Simon Koschut est expert de la Société allemande de politique étrangère, spécialiste des Etats-Unis et des rapports transatlantiques.
Sources Ria Novosti
Posté par Adriana Evangelizt



